Tour du monde, lune de miel et cambouis Le 07-12-2008 par Vincent Fortin Charlotte et François Lesage, 23 et 24 ans, se sont mariés il y a six mois. Leur lune de miel : une traversée du continent eurasien à vélo. De passage au Caire, ils confient leur expérience à Alif. "Je voulais faire le tour du monde avec ma femme. Tout le reste est venu après", commence François. Le reste, ce n’est pas rien pour autant : d’abord, deux vélos, 40 kg de matériel, 20 000 € de budget, et 20 000 km au programme. Une préparation si lourde qu’on peut se demander la visée ultime du voyage. "Nous voulons écrire un livre et probablement faire un film de notre voyage." Le couple reconnaît très vite que le but officiel n’est qu’un prétexte, "de quoi se justifier auprès de la famille!" Mais la publicité de l’odyssée est un moteur. "Quand on se décourage, on pense au site Internet, aux objectifs dont on a parlé à tout le monde. Et on reprend le vélo." Cependant, le concept ne fait pas tout. Heureusement, car les deux routards ont déjà eu l’occasion de l’écorner : "le cyclotourisme est particulièrement difficile aujourd’hui, surtout au Moyen-Orient : nous ne sommes pas sûrs de pouvoir entrer en Israël, la Syrie nous a déjà fermé ses portes, sans parler de l’Irak ou du Kurdistan que nous ne pouvons pas traverser à la lenteur du vélo." Il faudra donc songer à l’avion, et un peu moins au symbole. Les difficultés ne s’arrêtent pas là. La "vulnérabilité" est un quotidien nouveau pour Charlotte et François. A la merci des kilomètres, des intempéries, ou du bon vouloir des gens, la route est une école de l’humilité. Et dépendre des autres, c’est avant tout dépendre de l’autre. "Nous ne sommes pas des amis, ni des coéquipiers, mais un couple. Ca change beaucoup." Le périple est un défi risqué pour ces deux jeunes qui se connaissent seulement depuis deux ans. "On apprend la simplicité, nos disputes se sont jusque-là cantonnées aux problèmes matériels. Et dans de nombreuses situations, notre statut est un avantage." Charlotte peut parler aux femmes. Dans tout le monde arabe, François seul n’aurait pu se le permettre. Maintenant qu’ils y sont, l’Egypte leur paraît d’ailleurs bien téméraire à traverser. Etre une femme à vélo est incompréhensible ici. Sans compter que la topographie a changé : désormais, il faut inclure la rareté de l’eau, les distances dans le désert. Prochain objectif : le Sinaï à Noël. Pour ces deux chrétiens, il est important d’inclure Dieu dans leurs péripéties. "Il faut dire qu’à vélo, on s’ennuie vite. Alors je prie pour passer le temps", plaisante François. Un dernier détail qui ne manquera pas de plaire aux Egyptiens. Voire l'article original
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